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Addiction à la cocaïne

Pour arrêter la cocaïne, ce qui aide le plus est de combiner trois choses : une évaluation par un professionnel, des changements concrets dans votre quotidien qui réduisent les occasions de consommer, et un plan pour les moments d’envie intense (ce qu’on appelle le craving). On peut arrêter, mais le faire seul est souvent plus difficile qu’il n’y paraît, surtout si vous consommez depuis longtemps ou si la cocaïne va de pair avec l’alcool.

La cocaïne : ce qu’elle est et pourquoi elle rend dépendant

La cocaïne est une drogue stimulante, à l’action très puissante sur le cerveau, extraite des feuilles de la plante de coca. Elle se consomme surtout sous deux formes : en poudre blanche (chlorhydrate de cocaïne), sniffée ou injectée, et en base libre ou crack, fumée.

Elle agit sur les circuits cérébraux du plaisir et de la récompense : elle produit une montée rapide et intense, de courte durée, suivie d’une descente désagréable. Ce contraste entre la montée et la descente pousse à recommencer et, avec le temps, le cerveau associe la substance à des lieux, des personnes et des situations qui éveillent l’envie de consommer de façon presque automatique. C’est pourquoi l’addiction à la cocaïne n’est pas une question de volonté.

Effets de la cocaïne

À court terme

  • Euphorie, sentiment d’assurance et de bien-être, envie de parler et d’aller vers les autres.
  • Plus d’énergie et d’activité, augmentation du désir sexuel.
  • Moins de faim, moins de sommeil et moins de sensation de fatigue.
  • Accélération du rythme cardiaque et hausse de la tension artérielle.

Quand l’effet se dissipe arrive la descente (en anglais, crash) : fatigue, apathie, somnolence, irritabilité et une humeur basse qui incite à consommer à nouveau.

En cas de consommation prolongée

  • Santé mentale : anxiété, dépression, troubles de la mémoire et de la concentration, et idées paranoïaques (se sentir surveillé ou poursuivi) pouvant aller jusqu’aux délires et aux hallucinations, ce qu’on appelle la psychose cocaïnique.
  • Cœur et circulation : arythmies et cardiopathie ischémique, y compris l’infarctus.
  • Respiration et nez : difficultés respiratoires et, quand la cocaïne est sniffée, lésions de la muqueuse et de la cloison nasales.
  • Autres effets : insomnie chronique, troubles de l’alimentation, douleurs abdominales et musculaires, nausées, baisse du désir sexuel et troubles de la fonction sexuelle.

Ces dernières années, les passages aux urgences hospitalières pour des problèmes liés à la cocaïne ont augmenté.

Cocaïne et alcool

Associer les deux substances est très courant et particulièrement nocif. Lors du mélange, l’organisme fabrique une substance appelée cocaéthylène, plus toxique et plus addictive que chacune séparément, qui est en outre associée à davantage d’agressivité et d’impulsivité. Souvent, l’alcool est aussi la porte d’entrée : beaucoup de personnes ne consomment de la cocaïne que lorsqu’elles ont bu.

Signes de consommation de cocaïne

Si vous craignez qu’un proche en consomme, ces signes peuvent vous orienter, même si aucun, à lui seul, n’est une preuve :

  • Pupilles dilatées, débit de parole rapide, agitation ou euphorie déplacée.
  • Reniflements fréquents, nez bouché ou petits saignements de nez.
  • Allers-retours fréquents aux toilettes pendant les dîners ou les sorties.
  • Nuits blanches et peu d’appétit, suivies de journées d’épuisement et d’irritabilité.
  • Dépenses inexpliquées, dettes ou argent qui disparaît.

Vous trouverez d’autres repères pour aborder la conversation dans comment repérer une addiction.

Comment arrêter la cocaïne étape par étape

  1. Identifiez vos habitudes de consommation. Notez quand, où, avec qui et dans quel état d’esprit vous consommez. Les week-ends, le jour de la paie, l’alcool, le stress ou certaines fréquentations reviennent souvent.
  2. Demandez une évaluation professionnelle. Elle permet de faire le point sur votre santé (en particulier le cœur), de repérer d’autres consommations ou des problèmes comme l’anxiété ou la dépression, et de décider quel type de traitement vous convient.
  3. Fermez les portes à la consommation. Supprimez le contact de votre fournisseur, évitez au début les lieux et les personnes avec qui vous consommiez, et limitez l’argent liquide que vous avez sur vous.
  4. Faites le point sur votre consommation d’alcool. La réduire ou l’arrêter protège beaucoup contre les rechutes. Si vous buvez tous les jours ou en grande quantité, n’arrêtez pas brutalement sans suivi médical, car le sevrage d’alcool peut être dangereux.
  5. Préparez un plan contre le craving. L’envie intense monte et redescend comme une vague et, si vous ne la nourrissez pas, elle passe. Il est utile d’avoir prévu ce que vous ferez : quitter l’endroit, appeler quelqu’un, bouger, reporter la décision.
  6. Appuyez-vous sur une personne de confiance qui sait ce que vous faites et que vous pouvez appeler dans un moment difficile.
  7. Prenez soin de l’essentiel : sommeil, repas réguliers, activité physique et une routine faite de choses qui comptent pour vous.
  8. Si vous rechutez, ne jetez pas tout par-dessus bord. Une rechute apporte des informations utiles sur ce qui n’a pas marché et sur ce qu’il faut ajuster.

Ce que vous ressentirez en arrêtant la cocaïne

Le sevrage de cocaïne ne s’accompagne généralement pas de symptômes physiques dangereux comme celui de l’alcool, mais il est difficile sur le plan émotionnel. Il est fréquent de se sentir épuisé, de dormir beaucoup ou mal, d’avoir plus faim, d’être irritable, triste ou incapable d’éprouver du plaisir, et de ressentir une forte envie de consommer. Ces symptômes s’atténuent peu à peu, même si l’envie peut réapparaître pendant assez longtemps face aux déclencheurs habituels. Si votre moral chute fortement ou si des idées de vous faire du mal apparaissent, demandez de l’aide immédiatement : appelez le 024 (ligne espagnole de prévention du suicide) ou, en cas d’urgence, le 112, numéro d’urgence européen.

Traitement de l’addiction à la cocaïne

Il n’existe pas de médicament qui supprime à lui seul l’addiction à la cocaïne. Le cœur du traitement est psychologique : des séances individuelles pour comprendre la consommation et apprendre à gérer l’envie, une thérapie de groupe et une thérapie familiale. L’équipe médicale et psychiatrique évalue si un médicament est indiqué pour réduire le craving ou traiter l’anxiété, la dépression ou l’insomnie, et des analyses d’urine peuvent servir d’appui. Selon chaque situation, le traitement peut être ambulatoire ou résidentiel. Pour connaître le déroulement complet, lisez comment traiter une addiction.

Quand demander de l’aide

Si vous avez essayé d’arrêter et que vous recommencez, si la consommation vous coûte de l’argent, votre santé ou vos relations, ou si vous ne la maîtrisez que « tant que vous n’avez pas bu », c’est le bon moment pour consulter. À la Fundación Salud y Comunidad (FSC), vous pouvez commencer par le premier rendez-vous gratuit à Barcelone, où nous faisons le point sur votre situation et vous orientons vers le traitement le plus adapté. Appelez le +34 93 424 04 00 ; vos proches peuvent aussi appeler.

En cas de douleur dans la poitrine, de palpitations très fortes, de difficultés à respirer, de convulsions ou de confusion importante après une consommation, appelez le 112.

Questions fréquentes

Peut-on arrêter la cocaïne sans aide ?

Certaines personnes y parviennent, mais c’est plus difficile, surtout si la consommation est fréquente ou associée à l’alcool. Avec un soutien professionnel, on repère mieux les déclencheurs, on prend en charge l’anxiété ou le moral en berne et on réduit le risque de rechute.

Combien de temps dure le syndrome de sevrage de la cocaïne ?

Cela dépend de chaque personne, ainsi que de la durée et de la quantité de sa consommation. La descente initiale et la fatigue s’atténuent généralement, mais l’envie de consommer peut réapparaître pendant assez longtemps dans des situations associées à la consommation ; c’est pourquoi il est utile d’avoir un plan.

Existe-t-il des médicaments pour arrêter la cocaïne ?

Aucun médicament ne guérit à lui seul l’addiction. Dans certains cas, le psychiatre envisage un traitement pour réduire l’envie de consommer ou pour traiter l’anxiété, la dépression ou l’insomnie, toujours dans le cadre d’un suivi psychologique.

Est-il dangereux de mélanger cocaïne et alcool ?

Oui. Le mélange produit du cocaéthylène, une substance plus toxique que chaque drogue séparément, qui augmente la charge sur le cœur et est liée à davantage d’agressivité. De plus, l’alcool est souvent le déclencheur qui pousse à consommer de la cocaïne.

Consommer de la cocaïne uniquement le week-end, est-ce une addiction ?

Pas forcément, mais cela mérite qu’on y prête attention. Si vous n’arrivez pas à sortir sans consommer, si les quantités augmentent ou si la descente vous affecte pendant la semaine, ce sont des signes que vous perdez le contrôle.

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